09 juin 2008
Bonjour Tristesse
Je me suis repassé le film en boucle dans ma tête, pour être certain que je ne l'avais pas rêvé, ce cauchemar.
2h25, c'est long. 2h25 d'un mauvais film, c'est interminable. 2h25, du plus mauvais film que vous ayez vu cette année, quand, il est tiré d'une de vos séries préférées, c'est l'agonie.
Je me suis pincé plusieurs fois pendant la séance, lançant des regards hallucinés, hagards, désespérés à mon voisin, qui lui aussi n'en revenait pas de voir ainsi charcutée l'esprit de la série qui a révolutionnée l'approche de la sexualité (pas seulement féminine...) sur le petit écran.
On se demande vraiment comment Kim Cattral, Cynthia Nixon et Kristin Davis (Samantha, Miranda et Charlotte) ont pu, d'une part, terminer de lire le scénario qu'on leur a envoyé, et, d'autre part, accepter de tourner dans ce film réduisant leurs rôles à des portions congrues et indignes de leur importance respective dans la série, qui, même si elle a fait de plus en plus la part belle à Sarah Jessica Parker (Carrie) a mesure que cette dernière enfilait la fourrure de productrice exécutive, avait au moins le bon goût de soigner les aventures personnelles des trois comparses de l'héroïne.
Ici, une banale histoire d'adultère pour Miranda, une maternité qui tombe comme comme un cheveu sur la soupe pour Charlotte (dans le dernier quart d'heure! Alors qu'elle a mis six ans pour tomber enceinte!) et une crise de la cinquantaine pour Samantha, qui est bien la seule à nous extirper par moment de l'ennui profond dans lequel nous entraîne cette bluette a laquelle on a liposucé tout le rythme et l'humour du format originel.
Même SJP (on est plus à un logo près, croyez moi) n'a pas grand chose a défendre.
A peine tente-t-elle de sauver sa romance de dix ans, avec le gras Big, et on se demande bien pourquoi, tant leur couple est mal assorti.
Minaudant à outrance, pétasse et gnan-gnan, la Carrie du film accentue le virage perceptible dès le milieu de la saison Six où notre journaliste se transformait déjà en poupée de roman photo, bling-bling et précieuse, en témoignent les épisodes autour de sa romance puérile avec son artiste russe et riche.
Encore trouvait-on la parenthèse Cendrillon un tantinet charmante, quoiqu'un peu mièvre, quand elle se roulait dans le caviar à Paris.
Mais le film, lui, sent le pâté. Rance qui plus est.
Un scénario prétexte à voir défiler, non plus des fringues mais des logos, un humour digne des meilleurs moments de la Méthode Cauet sur TF1 (Charlotte chie dans son froc, le chien se branle sur des coussins...) et une réalisation à peine plus inspirée que les pires épisodes de Walker Texas Ranger (Ah, ce plan rohmerien sur le téléphone ballotée par les vagues...).
Rien n'existe à part le fric et son étalage vulgaire dans ce film qui soutient tout de même la thèse que l'épanouissement professionnel et personnel viendra une fois l'acquisition d'un sac monogrammé.
Ridicule et nauséabond, le "scénario" n'y va pas par quatre chemins et accumule les clichés racistes, homophobes et misogynes de base d'une comédie romantique hollywoodienne avec Jennifer Lopez.
Ce qui devait être un éloge de la féminité décomplexée, de la frivolité assumée avec distance, de l'amitié et du bonheur hédoniste devient un pauvre pamphlet familialiste ringard pour le modèle hétéro-blanc sur blanc-fidèle-avec-des-chiards-a-la-clé, vulgaire et superficiel comme les problématiques affrontées par les quatre protagonistes, autrefois rigolotes et décalées, ici transformées en pouffiasses décérébrées.
Le met raffiné, relevé et finement épicé que l'on a amoureusement dégusté pendant six ans est passé au micro onde. Tiède, caoutchouteux et pas très frais...Chéri, passe moi le sel!
AFTER
05 juin 2008
Barbie Lesbia ( mais c'est pour du faux)
Il parait que c'est la nouvelle chanteuse préférée de Madonna.
On est ravi de l'apprendre, la machine à faire du fric sur les fantasmes lesbiens débilitants des hétéros tourne à plein régime!
Car, ce qui ne pourrait être qu'une gentille ritournelle pop et acidulée, aux paroles inoffensives et à l'imagerie bubblegum mièvre cache en réalité, une lecture désespérément lesbophobe.
Et vas y qu'on se fait des batailles de polochons en se roulant dans les plumes dans des tenues légères, Et vas y qu'on se fait des petits regards mutins en mangeant des framboises, et vas y qu'on se met du mascara entre copines à la vanille qui sentent bon le "cherry chapstick" , en gloussant comme des dindes car, hihi, on a fait une grosse bêtise, hihi, on a roulé un patin à une fille....
Mais, à la fin du clip, alors qu'on attend toujours ce patin qui jamais ne se montrera (on peut en parler, mais on va quand même pas le montrer!), la demoiselle se réveille à coté...de son damoiseau!
Tout est bien qui finit bien, au royaume de Barbie Pouffiasse, son Ken Roger l'attend pour l'enfiler...
Comme si les films pornos ne suffisait pas à dévoyer l'image du lesbianisme, en n'en faisant qu'un sexualité de circonstance, voir un simple préliminaire au vrai plaisir qui ne s'atteint qu'avec une verge, MTV remet trois sous dans la machine et ramène un peu plus le lesbianisme à un jeu inoffensif, à un fantasme désincarnée.
A une femme invisible.
04 juin 2008
Le masque et la plume...dans le....
Valerie Benaïm a écrit un livre. Qui ça ? 
Mais si, souvenez vous, la journaliste d'investigation du grand magazine d'enquête "Exclusif, ce soir", sur TF1, présenté un temps, par l'inénarrable Flavie Flament ( post à suivre).
Un livre sur Carla et Nicolas. Ah, tiens, c'est marrant ça, on y avait pas pensé!
Après "La vraie nature de Nicolas Sarkozy", "Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus", " Nicolas Sarkozy, la fringale du pouvoir" (mon petit préféré), il ne manquait plus qu'un sombre tacheronne cathodique tombée dans l'oubli pour nous faire de fracassantes révélations sur la blitz-relation entre Carla et Nicolas.
Où l'on apprend donc que Rachida et Carla, hé ben elles sont pas copines du tout.
Où l'on apprend que Carla, hé ben elle a eu le coup de foudre pendant le blind date organisé par Jacques Séguela.
Où l'on apprend que notre Président, hé ben, il a plein de cerveaux qui se connectent vachement vite.
Où l'on apprend que Nicolas, hé ben, en fait, il est resté simple. Deux, trois rayons de soleil et il est content.
Où l'on aimerait bien que les potiches de TF1 arrêtent de se prendre pour des écrivains.
Car la Benaïm n'en est pas à son coup d'essai.
Responsable d'un roman historique (car oui, médisants, elle a une licence d'Histoire), sobrement intitulé " La rose de Stalingrad ", histoire d'une femme pilote envoyée sur le front pour affronter les nazis, elle faisait déjà preuve d'une plume sensible, mais percutante:
« Elles ne semblaient pas se rendre compte que c'était avec la mort qu'elles souhaitaient prendre rendez-vous ».
Barbara Cartland peut reposer en paix. Nous, c'est moins sûr.
22 mai 2008
Diplomatie L'Oréal
Des décennies qu'on attendait cette main tendue.
Cette poignée fraternelle qui, enfin, allait balayer nos différences, nous rassembler, sous un même drapeau.
Cette embrassade qui allait enfin voir les palestiniens reconnaître l'état d'Israël et les israéliens, reconnaître la souffrance d'un peuple déraciné en ses propres frontières.
Cette conférence au sommet qui nous annoncerait que l'épidémie du Sida a été enrayée.
Que les peuples du Sud peuvent enfin jouir de leurs propres ressources naturelles.
Que les femmes sont enfin des citoyennes à part entière.
Que la junte birmane a enfin acceptée l'entrée des secours étrangers sur son territoire.
Que les tibétains, les chinois, les afghans, les irakiens, les zimbabwéens, les libanais, les soudanais, les habitants du royaume du Swaziland, etc... sont enfin libres dans leur pays.
Que les homosexuel-les ne sont plus tabassé-e-s quand ils ou elles se tiennent par la main dans la lumière.
Que le trou dans la couche d'ozone s'est rebouché.
Que de gisements d'énergies propres et illimitées ont été découvertes et qu'on peut enfin se passer du pétrole.
Qu'il y a de la vie sur Mars.
Que ce n'est pas Nikki qui a tuée Joshua, le frère de Bobby.
Oui, c'est un moment historique.
Sans doute faudra t-il plus de 4 minutes pour sauver le monde...
Et leur jeunesse.
17 mai 2008
International Day Against Homophobia
Take your mind back - I dont know when
Sometime when it always seemed
To be just us and them
Girls that wore pink
And boys that wore blue
Boys that always grew up better men
Than me and you
Whats a man now - whats a man mean
Is he rough or is he rugged
Is he cultural and clean
Now its all change - its got to change more
cause we think its getting better
But nobodys really sure
And so it goes - go round again
But now and then we wonder who the real men are
See the nice boys - dancing in pairs
Golden earring golden tan
Blow-wave in the hair
Sure theyre all straight - straight as a line
All the gays are macho
Cant you see their leather shine
You dont want to sound dumb - dont want to offend
So dont call me a faggot
Not unless you are a friend
Then if youre tall and handsome and strong
You can wear the uniform and I could play along
And so it goes - go round again
But now and then we wonder who the real men are
Time to get scared - time to change plan
Dont know how to treat a lady
Dont know how to be a man
Time to admit - what you call defeat
cause theres women running past you now
And you just drag your feet
Man makes a gun - man goes to war
Man can kill and man can drink
And man can take a whore
Kill all the blacks - kill all the reds
And if theres war between the sexes
Then therell be no people left
And so it goes - go round again
But now and then we wonder who the real men are
15 mai 2008
Gym Tonic
Et une et deux et une et deux et une et deux et huit et cinq! Step touch! step...
On veut de la souplesse. Faut transpirer.
Il faut les voir ces gros plein de dorures demander aux bonnes gens de faire du stretching avec leurs portes monnaies pour relancer l'équipe de France dont l'économie est menacée de ligue 2 en Europe.
Inflexible, tenace, droit dans ses crampons....Darcos n'écoute plus et provoque franchement les fonctionnaires grévistes, les accusant d'immaturité, hier matin sur LCI.
Satisfait, le bonhomme, derrière sa bonhommie matinale, de voir que les lycéens, eux, commencent à plier, doucement, sous le poids du pachyderme étatique.
Avec un ministre comme ça, les profs n'ont pas besoin d'ennemis...
Pas de Jean Marc Sylvestre en tout cas, qui, toujours plus cramé, en rajoute quelques minutes plus tard sur la même chaine, en priant le service public français de bien vouloir se mettre à la page, et de faire les sacrifices que les entreprises privées ont dû faire ces quinze dernières années, sous peine de "crever" comme il dit, en bon pédagogue. C'est vrai qu'il s'y connait en économie Monsieur Sylvestre.
Aux chiottes l'arbitre!
Agilité, flexibilité, allez les gars, il va falloir s'y mettre au yoga.
Oui mais le yoga, ça coûte cher, alors le capitaine des Bleus continue à faire son jogging, à foncer dans le tas, quitte à risquer la crampe, à se fouler la cheville, ou celle de son voisin.
Ils devraient se mettre à la WiFit, les ministres, qui réclament de la souplesse mais qu'on a jamais vu aussi bloqué du sacrum.
Poussé au corner par des dizaines de milliers de supporters du Service Public, le numéro 10 contrôle avec son projet de loi sur le service minimum d'accueil et dégage en touche en exigeant un préavis de 48h aux professeurs grévistes.
Sarko la joue tactique, les parents contre les profs. Ça s'appelle de l'anti-jeu.
Attention tout de même à ne pas trop dribbler sur la tête fonctionnaires, parce que les gouvernements, c'est comme le PSG, c'est reléguable.
(Regardez ici la vidéo du pénalty.)
14 mai 2008
Chanteurs sans frontières
chanteurs sans Frontières - Ethiopie
envoyé par troyhrt
13 mai 2008
Et Puis la Terre
Et puis la terre (2006)
envoyé par cvera
Pour Toi Arménie
Pour Toi Arménie
envoyé par Alexis123
J'irai chercher Ingrid avec les dents
On sait que les heures les plus sombres de l'Histoire sont à même de reveiller en l'Homme, ce qu'il a de meilleur.
Et le pire du chanteur.
Heureusement que les sinistrés du globe, qui ont déja bien assez souffert comme ça, n'entendent pas les horreurs humanitaro-marketing, vite torchées et mal chantées que nos plus grands artistes deversent, à intervalles irréguliers, au gré des catastrophes et des grandes causes, sur nos ondes et à la télévision.
Des tubes de l'été, en moins fun.
Ah, que ne se souvient-on pas de l'immense "Pour Toi Arménie" aux paroles si évocatrices :
"Et même si tu maudis ton sort
Dans tes yeux je veux voir
Arménie
Une lueur d'espoir"
Que ne se fredonne t-on point encore la somptueuse supplique pour l'Ethiopie des Chanteurs sans frontières:
"Mais à chaque enfant qui tombe
Qui meurt loin des yeux de l'occident
Notre ciel devient plus sombre
Et notre avenir moins grand"
Oui Fabienne Thibault, tu as raison.
Mais à chaque enfant qui tombe, c'est surtout le bon goût qui se prend une sacrée coulée de boue, ravagée par un tsunami d'indécence artistique et de malhonnêteté intellectuelle.
Non pas qu'il faille s'en foutre des sinistrés, mais pourquoi faut-il se rouler à ce point dans la fange pour leur venir en aide ?
Est-il bien nécéssaire de braire en choeur des inepties paternalistes tout en lançant à la caméra des regards mouillés et inspirés pour bien nous faire comprendre dans nos petits coeurs tout secs d'occidentaux consuméristes que la famine, c'est vraiment dégueulasse?
On avait compris, quand même.
La guerre, c'est pas bien. Les tremblements de terre, c'est vraiment pas cool. La dictature, on est contre.
Certains voient peut être où je veux en venir, et pourquoi je pousse ce "cri" brigittebardesque contre les chansons humanitaires. Vous ne voyez vraiment pas? Bon, écoutez plutôt.
A croire qu'ils tiennent vraiment à me donner raison...
Didier Barbelivien , un des fameux soutien du président de la République, ne pouvait pas plus mal tomber, alors que ce dernier s'est tué à la tâche diplomatique pour faire comprendre aux chinois qu'en fait, on les aimait bien, et surtout, qu'on aimait bien les chinoises handicapées.
Mais comme je l'écrivais plus haut, il y a peu de chance que cette chanson dépasse nos frontières et que les chinois ne soient offensés par le contenu scandaleux et polémique de ce pamphlet pour la liberté.
Les artistes se font passer pour des ONG, les ONG n'arrivent pas à faire leur boulot, Sarkozy veut aller chercher Ingrid dans la jungle, Carla va sortir son troisième album...
On est pas rendu.





